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Le Prix Lumière du Sahel 2026 couronne un premier roman sur les passeurs

Le Prix Lumière du Sahel, prix fictif, a été attribué à « La Rive des passeurs », premier roman d’Élise Bamba Traoré. Le jury salue une écriture sobre et un sujet rarement traité.

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Le Prix Lumière du Sahel 2026 couronne un premier roman sur les passeurs

Le jury du Prix Lumière du Sahel a désigné mardi, à Dakar, « La Rive des passeurs » comme lauréat de l’édition 2026. Premier roman d’Élise Bamba Traoré, enseignante de lettres fictive installée à Bamako, le livre suit sur trois générations une famille qui organise des traversées clandestines sur un fleuve de la région. Le prix, doté de 5 000 euros, récompense chaque année un texte de fiction écrit en français par un auteur ouest-africain.

Le président du jury, le romancier fictif Ousmane Diakhaté, a salué une œuvre « qui refuse le spectaculaire pour s’attacher aux gestes, aux silences et aux calculs de ceux qui restent sur la berge ». Les neuf membres du jury ont retenu le texte à l’unanimité au troisième tour, après une sélection de quarante manuscrits reçus de quinze pays.

Un sujet rarement traité avec retenue

Le roman s’ouvre sur une nuit de pluie, au bord d’un fleuve dont le nom n’est jamais prononcé. Une femme négocie avec un pêcheur le passage de son fils, puis le récit remonte le temps pour raconter comment cette famille s’est retrouvée prise entre la misère, les contrôles et les intermédiaires. La plupart des critiques soulignent la sobriété de la langue, qui évite le mélodrame et laisse au lecteur le soin de mesurer le poids des choix.

« Élise Bamba Traoré n’explique pas, elle montre. Elle prend au sérieux les petites décisions qui font une vie, et c’est là que son roman devient bouleversant », a déclaré la présidente du comité de lecture fictif, Awa Sow-Ndiaye.

Le jury a également mis en avant la construction du livre, divisé en chapitres courts, chacun centré sur un personnage différent. Cette fragmentation permet d’éviter une lecture simpliste du phénomène des passeurs, en donnant voix aux intermédiaires, aux familles et aux agents rencontrés en chemin.

  • Un prix de 5 000 euros, remis lors d’une cérémonie prévue à l’automne
  • Une traduction en anglais annoncée par une maison d’édition fictive de Londres
  • Une présélection de quatre autres romans, dont deux premiers livres

Une récompense pour un premier roman

Le choix du jury est aussi un signal pour l’édition ouest-africaine, où les premiers romans peinent souvent à trouver un diffuseur au-delà des frontières nationales. Élise Bamba Traoré a publié sa première nouvelle en 2019, dans une revue locale aujourd’hui disparue. Elle a ensuite mis six ans à écrire le roman, en parallèle de son métier d’enseignante.

L’autrice, qui n’a pas pu assister à la cérémonie pour des raisons de santé, a fait lire un message à l’assistance. Elle y remercie les lecteurs du comité de sélection et rappelle que le livre est né de conversations avec des familles dont les proches ont tenté la traversée. « Je n’ai pas inventé la douleur de ces gens, je l’ai seulement écoutée », écrit-elle.

Pour les libraires de Dakar et de Bamako, la distinction pourrait relancer les ventes d’un texte encore confidentiel. Plusieurs points de vente ont déjà commandé des exemplaires supplémentaires, et une lecture publique est prévue dans une librairie du quartier du Plateau au mois de novembre.

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