Dakar : « Rire au Plateau », le festival de stand-up, fait salle comble
Pour sa première édition, le festival fictif Rire au Plateau a réuni quatre soirées de stand-up en français, en wolof et en anglais. Retour sur un succès qui ouvre la saison.
Mardi soir, la file d’attente s’étirait déjà sur le trottoir quand les portes du petit théâtre ont ouvert. Le festival Rire au Plateau, nouveau venu sur la scène dakaroise, affichait complet pour sa soirée d’ouverture. Quatre rendez-vous, dix-huit humoristes et une promesse : faire dialoguer le stand-up en français, en wolof et en anglais dans un même lieu.
Le programme a été conçu par Coumba Lô Sagna, comédienne et autrice fictive, qui a longtemps joué dans des pièces de théâtre avant de se consacrer à l’humour. « Le stand-up existe à Dakar depuis plusieurs années, mais il vit surtout dans les bars et les réseaux sociaux. Je voulais une scène où les spectateurs viennent exprès pour rire, avec une vraie régie et un vrai public », explique-t-elle.
Une programmation qui mélange les langues
Le premier soir a fait la part belle aux humoristes qui écrivent leurs textes en wolof. Sketches sur les embouteillages de la corniche, sur les réunions de famille où chacun a un avis sur le mariage d’un cousin, ou sur les premières années d’un jeune salarié dans une entreprise de télécommunications fictive : le public a ri franchement, et souvent à l’unisson.
« Quand un spectateur reconnaît sa propre tante dans un sketch, il ne rit pas seulement, il se reconnaît. C’est ça, le stand-up qui marche », affirme Coumba Lô Sagna.
Les soirées suivantes ont accueilli des humoristes venus de Saint-Louis, de Ziguinchor et de Bamako, ainsi qu’un plateau en anglais réunissant des artistes de la diaspora ouest-africaine installés à Londres et à Toronto.
- Quatre soirées programmées, dont une gratuite pour les étudiants
- Dix-huit humoristes sur la scène, dont deux premières parties
- Un bœuf de clôture ouvert aux spectateurs qui souhaitaient monter sur scène
Un théâtre qui se réinvente
Le choix du lieu n’est pas anodin. Le petit théâtre du Plateau accueille habituellement des pièces de répertoire et des concerts intimistes. L’organisation a dû refaire l’éclairage, déplacer les rangées de sièges et installer un micro d’ambiance pour que chaque blague atteigne le fond de la salle. Le résultat est une ambiance proche de celle d’un café-théâtre, avec une attention particulière au son.
Les organisateurs annoncent déjà une deuxième édition au printemps, avec une tournée prévue dans deux villes de la région. Ils espèrent aussi organiser des ateliers d’écriture pour les jeunes comédiens, dans l’idée de faire grandir une scène qui manque encore de formation.
Pour le public, le festival a surtout été une parenthèse. Plusieurs spectateurs rencontrés à la sortie évoquent le plaisir de rire ensemble, sans écran entre la scène et la salle. « On a eu l’impression de sortir de la routine du mardi soir », résume un étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop venu avec trois amis.
La prochaine date est déjà annoncée. Les billets pour la deuxième édition seront mis en vente dans les prochaines semaines, et l’équipe promet de garder le même format, avec des tarifs accessibles et une soirée gratuite réservée aux étudiants.
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