Festival Sahel Sonore : à Niamey, une scène qui se réinvente sans salles
Dans une ville où les salles manquent et où les jeunes musiciens composent avec les coupures d’électricité, un festival associatif tente de créer des ponts entre les genres. Reportage.
Il est vingt-deux heures passées, et la cour d’un ancien lycée technique de Niamey vibre sous les basses d’un sound system bricolé. Des jeunes gens assis sur des nattes écoutent un rappeur qui enchaîne des rimes en haoussa et en français, suivi d’un joueur de guitare dont le répertoire puise dans les musiques de l’ouest du pays. C’est la troisième soirée du festival Sahel Sonore, un événement fictif porté par une association locale.
Depuis six ans, cette rencontre annuelle tente de faire ce que peu de structures osent dans la capitale nigérienne : rassembler des publics et des genres qui s’ignorent. Faute de grandes salles équipées, les organisateurs ont multiplié les lieux, des terrains de quartier aux cours d’écoles, en passant par une ancienne cour de justice réaménagée pour l’occasion.